Euthanasie

Série Terrariophilie

L'euthanasie (du grec ευθανασία : ευ, bonne, θανατος, mort) est une pratique visant à donner la mort dans de bonnes conditions.

Elle est utilisée en cas de besoin d'abréger les souffrances d'un rat domestique malade ou blessé, ainsi que pour l'abattage de rats destinés à servir de proie naturelle à d'autres animaux (terrariophilie).

Sommaire

Principes éthiques

La méthode utilisée pour euthanasier doit être éthique : c'est-à-dire qu'elle doit être « sans douleur et engendrer un minimum de peur et d'anxiété, être fiable, reproductible, irréversible, simple, sûre et rapide ». De façon idéale, elle doit être aussi le moins choquante possible pour la personne qui la pratique ou pour d’éventuels spectateurs.

Afin de déterminer si une méthode d'euthanasie est éthique ou pas, il faut d'abord établir si l'action sur le système nerveux assure une insensibilité immédiate à la douleur. On peut ajouter que cette action doit entraîner une perte de connaissance rapide, suivie des arrêts cardiaque et respiratoire.

En Suisse il est interdit de mettre à mort des animaux de façon cruelle et de mettre à mort des animaux par jeu ou par méchanceté.

Exemple de recommandations du Conseil Canadien pour les animaux de laboratoire :

  1. la mort doit survenir sans signes de panique, de douleur ou de détresse;
  2. il doit y avoir perte de connaissance dans les plus brefs délais, c'est-à-dire presque sur-le-champ;
  3. la méthode doit être sûre et reproductible;
  4. la sécurité du personnel doit être assurée;
  5. elle doit produire le minimum d'effets physiologiques et psychologiques sur l'animal;
  6. elle doit être conforme aux exigences et aux buts de l'étude;
  7. elle doit produire un minimum d'effets émotifs sur l'observateur et sur le personnel qui effectue l'euthanasie;
  8. elle doit avoir un impact minimum sur le milieu ou sur l'écologie;
  9. l'équipement doit être simple, peu coûteux, et requérir relativement peu d'entretien; et
  10. l'endroit doit être éloigné et séparé des locaux d'hébergement des animaux. »

Méthodes éthiquement acceptables

Méthodes dites chimiques

Gaz à inhaler

Plusieurs gaz peuvent servir à tuer des animaux : Dioxyde de carbone, Monoxyde de carbone, Argon, Azote…

Parmi ces gaz, seul le dioxyde de carbone (CO2) est considéré comme acceptable pour l'euthanasie. Les critères essentiels pour euthanasier au CO2 sont de maintenir le niveau d'oxygène et d'augmenter le pourcentage de gaz carbonique dans l'air. S’il est bien utilisé, il permet une perte de conscience rapide. Des études montrent une perte de connaissance produite en moins d’une minute sans manifestations d’anxiété avec une concentration de CO2 proche de 70%.

Mais la difficulté est d’obtenir une concentration optimale ; le CO2 pur est plus lourd que l'air. Il se concentre dans la partie basse de la pièce d'euthanasie, les rats et autres petits animaux ont donc leur nez dans la zone la plus basse qui contient des concentrations adéquates du gaz. Au contraire, les plus gros animaux auront la tête au-dessus de la zone de concentration efficace de CO2 et s'exposeront ainsi à des niveaux de gaz qui excitent, plutôt que dépriment, le système nerveux. Ceci amènera certains animaux à lutter. En effet, le gaz carbonique stimule aussi le centre respiratoire dans le cerveau et, à des concentrations basses, (10%), il est considéré comme un stimulant respiratoire causant l’hyperventilation et une détresse respiratoire profonde, diminuant l’efficacité de la méthode. Il est donc important de maintenir une répartition homogène de CO2 dans la chambre d'euthanasie, ce qui exige de l'équipement additionnel. Mieux vaut donc éviter cette méthode pour des proies trop grosses.

Cette méthode est aussi déconseillée pour :

  • les amphibiens et les reptiles, les nouveaux nés des mammifères (moins de 15 jours).En effet, les animaux nouveau-nés, ayant vécu pendant la gestation dans un milieu où les niveaux d'oxygène sont bas, ont une plus forte tolérance au CO2 qui rend la technique plus difficilement applicable.
  • les espèces qui peuvent retenir leur souffle pendant de longues périodes, comme par exemple les animaux plongeurs, qui se sont adaptés à un milieu relativement pauvre en oxygène.

Le gaz carbonique ne s'accumule pas dans les tissus; il n'y a donc pas de résidus dans les proies que nous donnons à nos animaux.

Il se trouve facilement, dans des magasins de terrariophilie par exemple et il est relativement peu coûteux si on s’en sert pour des euthanasies « de masse ». Le gaz carbonique peut être acheté dans des bouteilles ou à l’état solide, sous forme de glace sèche. (Dans ce cas, veiller à ce que les animaux n’entrent pas en contact avec). Non inflammable, non explosif et essentiellement sans risques pour la personne pratiquant l’euthanasie si utilisé dans un lieu correctement ventilé.

Méthodes par injection

Barbituriques
Les dérivés de l'acide barbiturique sont généralement d'excellents agents pour l'euthanasie ; le plus souvent, on emploie des solutions concentrées de pentobarbital sodique. Ils sont le plus souvent injectés par voie intraveineuse mais peuvent aussi l'être par voie intrapéritonéale dans les cas où l'injection intraveineuse produirait une détresse. L'injection d'un barbiturique concentré est considéré commme la méthode la plus humaine pour euthanasier les animaux de compagnie : l'effet est rapide, fiable et efficace. Pour les animaux destinés à la consommation par d'autres animaux, elle est en revanche proscrite car le produit persiste dans le cadavre de l'animal
T-61
Le T-61 est un euthanasique injectable à base d'embutramide (somnifère puissant), mébézonium (agent paralysant entraînant la mort) et tétracaïne (anesthésiant local au point d'injection). L'association des trois composants fait apparaître l'effet narcotique avant l'effet curarisant, de sorte que la mort survient sans aucune excitation ni souffrance. Il est injecté par voie intraveineuse à la dose et à la vitesse d'injection recommandées par le fabricant.

Méthodes physiques d'euthanasie

L’acceptabilité des méthodes physique d’euthanasie dépend à la fois des compétences (connaissances) de la personne qui les pratique et de l’utilisation d’instruments adéquats. Utilisées de façon appropriée, elles permettent de tuer sans cruauté.

Élongation ou luxation cervicale

La luxation cervicale peut être acceptable chez les petits rongeurs et certaines espèces de volailles. Elle peut être utilisée sur des sujets plus gros (rats de + de 200g, lapins, etc.…) mais du fait de leur plus grande masse musculaire cervicale, il vaut mieux la pratiquer sur un sujet inconscient (après une concussion par exemple) Si cette méthode est pratiquée idéalement, elle permet une perte de conscience rapide. Il est à noter qu’aucun matériel nécessaire, ni substance chimique éventuellement nocive à l’ingestion, d’où son intérêt dans le cadre de la terrariophilie

Cependant il est nécessaire de maîtriser le geste à la perfection et il ne peut être pratiqué que sur des animaux dont la masse musculaire est faible.

La technique consiste à séparer le crâne et le cerveau de la moelle. Lorsque la séparation de la moelle est faite, le cerveau n'envoie plus de stimulations respiratoires ni cardiaques, conduisant à la mort. La circulation sanguine continue de nourrir le cerveau parce que les artères carotides et les veines jugulaires sont intactes. Cependant, le sang sera rapidement privé d'oxygène et il y aura une accumulation de gaz carbonique une fois que la respiration aura cessé, conduisant a l’arrêt de l’activité du cerveau.

Des études ont démontré que la moelle épinière sectionnée n'émet plus de stimulations douloureuses à partir de la zone postérieure à la séparation. Ainsi, avec la séparation de la moelle du cerveau, les stimuli douloureux ne peuvent plus être perçus. Cependant, il peut y avoir des contractions musculaires importantes et impressionnantes

Euthanasie par concussion (choc crânial)

Chez les jeunes animaux ou de petite taille ayant un crâne mou, (petits lapins, rats, souris, cobaye, hamsters, petits reptiles, poissons.) Il peut être acceptable d'asséner un coup sur la tête. Le coup doit être asséné sur le milieu du crâne avec suffisamment de force pour produire une hémorragie cérébrale massive, et par conséquent une dépression immédiate du système nerveux, produisant une inconscience quasi-instantanée et donc une insensibilité rapide à la douleur.

Attention si cette méthode n’était pas exécutée correctement elle pourrait entraîner des souffrances à l’animal. Par exemple, le « jeter de rat contre le mur » est à proscrire formellement ! En effet, pour optimiser l’efficacité de la méthode, il vaut mieux frapper le crâne sur un recoin de lavabo, de baignoire… bref surtout éviter les surfaces planes ou l’intégralité du corps serait frappée.

On ne doit pas pratiquer cette méthode en présence d'observateurs occasionnels ou non informés, du fait de son caractère assez spectaculaire et choquant.

Méthodes déconseillées

Nous allons récapituler ici les différentes méthodes à ne surtout pas utiliser. Si certaines peuvent paraître fantaisistes et sont naturellement écartées par la plupart des gens, d’autres sont réputées a tort comme acceptables. Il semble donc important de faire le tri et de donner certaines explications.

Méthodes contraires à l’éthique

Le chloroforme et l'éther
Autrefois couramment utilisés comme anesthésiques, ou pour produire une euthanasie, lorsque le contact avec leurs vapeurs était de concentration et de durée suffisantes. Cependant, le chloroforme n'est plus recommandé à cause de son potentiel toxique, que ce soit pour l’animal ou la personne qui pratique l euthanasie. L’éther dans sa nouvelle formulation est extrêmement irritant au niveau des muqueuses et cela autant pour l’animal que pour l’expérimentateur. De plus il est inflammable et explosif.
Le monoxyde de Carbone (CO)
À rejeter car même à faibles concentrations, peut être dangereux pour les autres organismes exposés à ses vapeurs. C'est un gaz incolore, indolore et difficile à détecter. Le monoxyde de carbone provenant de l'échappement de voitures par exemple contient des impuretés et, en conséquence, il produit de l'irritation et de l'inconfort. On ne recommande pas l'usage du monoxyde de carbone comme agent euthanasique, parce qu'il présente des problèmes de sécurité lorsqu'on l'administre
La congélation
Pour les animaux de petite taille (foetus, souris,...), une congélation immédiate peut être obtenue en les plongeant tête première dans de l'air ou de l'azote liquides après anesthésie. Vu la taille de l'animal et la température, la mort est quasi instantanée. Ce type de méthode est donc impossible à reproduire chez un particulier, les frigos de nos cuisines ne permettant pas de descendre à des temperatures suffisantes et l’agonie étant alors longue et douloureuse. Seule exception : les rongeurs de quelques jours, sans pelage. Ne régulant pas encore leur température, il semble qu’ils ne souffrent pas de la brûlure du froid et décèdent en quelques minutes.
Hyperthermie
Nul besoin d’expliquer en quoi cette technique est barbare…
Noyade
La longueur de l’agonie rend cette méthode inapplicable.

Méthodes éthiques mais inapplicables

Électrocution
L'électrocution est utilisée fréquemment dans les abattoirs. (Porcs, volaille…) La procédure se fait en deux temps: un premier choc au cerveau, pour assommer l'animal; un second choc, une fraction de seconde plus tard, produit une crise cardiaque, tuant ainsi l'animal. Cependant vu la quasi impossibilité de doser les décharges et effets de celles-ci dans une installation artisanale, cette méthode est a déconseiller fortement aux particuliers.
Décapitation
La décapitation consiste à séparer le cou et la tête du corps. On doit employer des guillotines spécialement conçues à cet effet. Pour que la décapitation se déroule de façon appropriée, les appareils doivent être maintenus en bon état et ne devraient être utilises que par des personnes bien formées dans cette méthodologie et dans la manipulation des animaux. La décapitation à la guillotine est utilisée principalement pour euthanasier les rongeurs et les petits lapins. L’anesthésie préalable est nécessaire. Cette technique permet une perte de conscience rapide, et laisse la proie saine pour la consommation, mais est assez choquante, et qui plus est inadaptée dans le contexte terrariophile.
Irradiation par micro-ondes
L'irradiation par micro-ondes est utilisée surtout par les neurobiologistes qui veulent préserver intacte la composition du cerveau de l'animal Le rayonnement des micro-ondes doit être dirigé spécifiquement au cerveau. Seul un appareil conçu spécialement possède une puissance et une distribution des micro-ondes appropriées (puissance supérieure à 3.5 kW et fréquence supérieure à 2450 MHz). Il serait donc barbare de tenter l’expérience avec un appareil à usage domestique.
Pièges mortels
Occasionnellement, on emploie des pièges mortels pour la collecte de spécimens de petits rongeurs sur le terrain, mais ces dispositifs ne tuent pas toujours l'animal de façon rapide et conforme à l'éthique.

Il est important de rappeler également que les proies capturées dans leur milieu naturel sont à proscrire formellement car elles sont a 90% porteuses de parasites ou maladies.

Autres méthodes

Ces méthodes sont l'exsanguination (retrait du sang de l'organisme), la décérébration (destruction des hémisphères cérébraux par l'introduction d'une sonde effilée dans la cavité crânienne par le trou occipital), pistolet à cheville percutante…

Ces méthodes de mise à mort sont acceptables uniquement lorsque les animaux sont déjà profondément anesthésiés. Complexes à mettre en œuvre car elles nécessitent une parfaite connaissance de l’anatomie des animaux concernés, on comprendra donc facilement qu’elles sont difficilement praticables pour le terrariophile.

Note

Ceci est une tentative de synthèse sur un sujet assez sensible. Le point de vue a été voulu neutre et documenté, inspiré de textes scientifiques et de sources les plus fiables possibles.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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